De quoi se compose la journée
- Réveil au signal
- Contrôle
- Travail ou cours
- Extinction des feux
L'emploi du temps est le même jour après jour et ne dépend pas des envies. De l'extérieur, cela ressemble à de l'ordre; de l'intérieur, à une absence de choix: même des détails comme l'heure des repas ou la possibilité de fermer une porte échappent à la personne.
Les chercheurs décrivent cette conséquence comme une accoutumance à l'absence d'autonomie. Au bout de plusieurs années, une personne cesse de planifier et de prendre des décisions, car elle n'exerce plus cette compétence; après sa libération, elle en a besoin immédiatement et pleinement.
Ce qui détermine l'issue
Le premier point mérite d'être souligné. Il est plus efficace que la plupart des mesures prises au sein de l'établissement, et c'est pourquoi l'accès aux visites et aux appels est présenté non comme un assouplissement, mais comme une question de sécurité publique.
Le troisième point explique le taux élevé de retours au cours des premiers mois. Une personne sort sans papiers, sans logement ni travail, alors qu'elle doit tout régler en même temps et rapidement. Les programmes d'accompagnement après la libération s'attaquent précisément à ce problème.
Une hiérarchie informelle se met aussi en place à l'intérieur, avec ses propres règles, souvent plus strictes que les règles officielles. Elle comble ce qui n'est pas réglementé par l'administration et détermine en grande partie la vie quotidienne.
La comparaison des systèmes dans différents pays montre des écarts importants. Là où l'accent est mis sur le maintien des liens, la formation et la préparation à la sortie, la proportion de personnes qui reviennent est nettement plus faible, et c'est la conclusion la plus constante des données disponibles.
Qu'est-ce qui rend le retour à la vie ordinaire particulièrement difficile?
Qu'est-ce qui prédit le plus sûrement un éventuel retour?
Sources
- Les études sur les systèmes pénitentiaires identifient l'accoutumance à l'absence de décisions autonomes comme un facteur distinct des difficultés après la libération
- le maintien des liens familiaux, l'accès à la formation et la présence d'un logement à la sortie sont associés à une probabilité moindre de nouvelle condamnation
La suite de la série « Prison »
2 articles en entier sur le site, encore 2 dans l'application
