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Ce que signifiait la couleur des vêtements autrefois

La rédaction de Miqo · 1 source

La couleur, c’est le prix du colorant

Le tissu est incolore en lui-même : tout dépend du colorant. Pour obtenir une teinte intense et durable, il faut des matières premières, du temps et un artisan. L’écart entre une couleur bon marché et une couleur coûteuse pouvait atteindre plusieurs centaines de fois, transformant une teinte en message sur la personne qui la portait.

Tant que les colorants venaient de la nature, une couleur vive était impossible à imiter. Elle fonctionnait comme une étiquette de prix visible de loin.

  • Violet. Il était extrait de coquillages marins, et il fallait des milliers de coquilles pour produire un gramme de colorant. Seuls les souverains avaient le droit de le porter.
  • Rouge vif. Il était obtenu à partir d’insectes récoltés à la main. Coûteux et durable, c’était la couleur préférée de la noblesse et des cardinaux.
  • Noir profond. Il semble simple, mais obtenir un noir uniforme exigeait plusieurs teintures successives. Il est devenu un signe de richesse chez les citadins et à la cour d’Espagne.
  • Bleu. En Europe, on le fabriquait à partir d’une plante qui poussait partout. Le bleu a donc longtemps été la couleur des vêtements ordinaires, jusqu’à ce que l’indigo devienne moins cher.

Le jaune a une histoire à part. Dans certaines villes, on obligeait à le porter les personnes que l’on voulait distinguer du reste de la population, et la couleur a acquis une mauvaise réputation non à cause du colorant, mais en raison de cette fonction. Il ne s’agissait plus de prix, mais d’une marque.

Quand la couleur était imposée par la loi

Au Moyen Âge et au début de l’époque moderne, des lois somptuaires étaient en vigueur dans les villes : elles déterminaient quels tissus et quelles couleurs chaque groupe social pouvait porter. Officiellement, elles étaient justifiées par le souci des bonnes mœurs ; en pratique, elles protégeaient la frontière entre les classes sociales contre les citadins récemment enrichis.

Ces lois étaient peu efficaces. Les marchands trouvaient des moyens de les contourner, tandis que les autorités rééditaient régulièrement les interdictions, signe certain qu’elles étaient enfreintes. Malgré tout, cette tentative montre à quel point la couleur était prise au sérieux comme signe.

Pourquoi tout cela a pris fin

Au milieu du XIXe siècle, un étudiant en chimie a obtenu par hasard le premier colorant synthétique vif en essayant de synthétiser un médicament. En quelques décennies, des couleurs bon marché et durables de toutes les teintes sont apparues, et le lien entre couleur et richesse s’est rompu.

À partir de là, il a fallu afficher son statut autrement : par la coupe, le tissu, la marque et la convenance. La couleur n’est restée que dans les uniformes et les cérémonies, où sa signification est fixée par une règle et non par son prix.

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Sources

  1. William Perkin a obtenu le premier colorant synthétique à base d’aniline en 1856. Les lois somptuaires limitant le port de certaines couleurs et de certains tissus étaient en vigueur dans les villes européennes dès le XIIIe siècle